Partenariat social mis en péril

L’initiative populaire «En faveur du service public», soumise au vote le 5 juin prochain, est largement rejetée. Les syndicats s’y opposent résolument, eux aussi.

18.05.2016
Texte: Chantal Fischer; Photos: Daniel Rihs
Service public

Nous sommes le service public! Les syndicats (SEV, Syndicom, SSP) ont manifesté le 17 mai à Berne contre l'Initiative «En faveur du service public».

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L’Union syndicale suisse (USS) rejette fermement l’initiative populaire «En faveur du service public», comme elle l’a officiellement communiqué lors de sa conférence de presse le 3 mai dernier. A première vue, les exigences de l’initiative – un service élargi et pas de salaire démesuré pour les cadres – semblaient attirantes. Le projet «affaiblit cependant les sociétés d’infrastructure de manière conséquente, sans corriger aucun dysfonctionnement», souligne Dore Heim, secrétaire centrale de l’USS. Pour elle, les négociations salariales avec les partenaires sociaux sont menacées par l’initiative: le texte stipule que les salaires de tous les collaborateurs de la Poste doivent s’aligner sur ceux des collaborateurs de l’administration fédérale. Par conséquent, le Parlement aurait à statuer sur des augmentations de salaire annuelles. «Les syndicats ne pourraient plus du tout négocier les évolutions salariales.»

Le conseiller national et président de transfair Stefan Müller-Altermatt voit lui aussi les acquis syndicaux menacés: «La Poste doit rester un employeur attrayant et verser des salaires conformes au secteur à ses collaborateurs. L’initiative sur le service public remet cela en question. Elle met en péril les entreprises liées à la Confédération, mais aussi des milliers de postes de travail à long terme!»