«Grâce au journal du personnel, une entreprise est présente dans le quotidien de ses collaborateurs»

Les médias imprimés ont encore un rôle à jouer dans le mix de communication et l’intranet du futur fera partie intégrante du poste de travail numérique. Explications d’Andreas Jäggi, conseiller en communication.

Edition 2/2018
Texte: Mathias Forny; Photos: Vanessa Püntener

Andreas Jäggi, conseiller en communication et directeur de l’association professionnelle Perikom (PHOTO À VENIR)

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Andreas Jäggi, quand avez-vous lu l’édition imprimée d’un journal pour la dernière fois?

Je le fais tous les jours, car je me suis abonné à un journal régional pour les besoins d’un client. Sinon, je lis plutôt les journaux en ligne, de préférence dans leur mise en page classique sous forme d’e-paper.

Parmi les plus grandes entreprises de Suisse, plus d’une dizaine ont supprimé leur journal du personnel depuis 2009. La Poste se bat-elle pour une cause perdue?

Comme le montre l’enquête «Faktencheck 2017» de Perikom, 60% des entreprises disposent encore d’un journal papier. Je pars donc du principe que les médias imprimés ont encore un rôle à jouer dans le mix de communication. On peut établir un parallèle avec les débats sur l’avenir du rapport de gestion, qui durent depuis plus de dix ans: sous sa forme imprimée, celui-ci a déjà été déclaré caduc à de nombreuses reprises. Pourtant il subsiste, quoiqu’à tirage réduit.

Quels sont les principaux points forts de ce format?

Avec un produit imprimé, on tient quelque chose de «concret» en main. La présentation du journal du personnel – le type de papier ou le design, par exemple – en dit déjà long sur l’entreprise. Par ailleurs, le journal imprimé permet à l’entreprise d’être physiquement présente dans le quotidien de ses collaborateurs, de leur famille et de leur cercle d’amis. Les canaux électroniques comme l’intranet n’apportent pas une telle présence.

Grâce à la technologie, l’entreprise dispose de tout un éventail de canaux pour s’adresser à ses collaborateurs. Est-ce que cela n’entraîne pas inévitablement un déluge d’informations?

En soi, la diversité des canaux est une chance. Faire des annonces, informer de manière approfondie ou apprendre: autant de fonctions distinctes, qui nécessitent des canaux parfois différents ou une interaction entre eux. Une communication durable doit reposer sur les trois canaux principaux: les médias en ligne, les médias imprimés et l’échange direct en face à face. Outre le choix du canal approprié, les personnes chargées de la communication doivent surtout réfléchir à la pertinence des sujets abordés. Pour cela, un principe a fait ses preuves: mieux vaut limiter le contenu et miser sur sa qualité que vouloir trop en dire, trop rapidement et de manière superficielle.

Dans de nombreuses entreprises, l’intranet s’est imposé comme le canal en ligne central. Selon vous, quel sera son rôle dans les années à venir?

Dans le futur, l’intranet fera davantage partie intégrante du poste de travail numérique et s’écartera de son rôle de journal en ligne permettant d’accéder aux actualités. Le poste de travail numérique intégrera également des outils collaboratifs, comme des fonctions spécifiques pour le travail quotidien, de même qu’un fil d’actualité similaire à celui des réseaux sociaux tels que Facebook.

Tous les collaborateurs n’ont pas nécessairement accès à un poste de travail individuel sur un ordinateur. Quelles tendances observez-vous dans ce domaine?

Perikom interroge les plus grandes entreprises de Suisse dans le cadre de l’enquête «Faktencheck 2018», qui se concentre sur la communication mobile. La majorité des entreprises font aujourd’hui des efforts considérables dans ce sens. Dans un avenir proche, les collaborateurs disposant d’appareils mobiles – souvent privés – pourront accéder à un outil que nous désignons encore comme l’intranet.

Mais cette accessibilité permanente présente aussi sa part de danger.

Ce développement tend à effacer la distinction entre vie privée et vie professionnelle. Il est donc impératif que les entreprises, les cadres et les collaborateurs apprennent à gérer ces nouvelles possibilités afin d’en limiter les inconvénients autant que possible.

A propos de Perikom

L’association professionnelle Perikom s’est fixé pour objectif d’améliorer la collaboration entre les responsables de la communication d’entreprise et les ressources humaines. Pour ce faire, elle organise notamment des manifestations favorisant l’échange sur les pratiques et le réseautage. Par ailleurs, Perikom réalise chaque année un sondage («Faktencheck») sur les canaux privilégiés par les 100 plus grandes entreprises de Suisse. www.perikom.ch

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