La science donne des ailes à la Poste

La Poste travaille d’arrache-pied à l’élaboration de nouveaux produits et prestations. Souvent, elle collabore avec des hautes écoles et des universités. Nous vous présentons trois partenariats importants.

23.05.2017
Texte: Lea Freiburghaus; Illustration: Dennis Oswald, Branders

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Nous sommes en 1938. Le Hongrois László Bíró vient de faire breveter le stylo à bille au terme de 18 ans de travaux dans sa tour d’ivoire. Autrefois, il n’était pas rare que les inventeurs développent seuls leurs idées. Ce serait en revanche inimaginable aujourd’hui. De nos jours, les innovations émergent de manière fondamentalement différente. La Poste ne fait pas exception.

Le travail en équipe au lieu du chacun pour soi

Dans son livre «Open Innovation: The New Imperative for Creating and Profiting from Technology» paru en 2003, Henry Chesbrough décrit un changement de paradigme dans la gestion des innovations. «Open Innovation», c'est l’ouverture du processus d’innovation. Le développement de nouveaux produits ne se fait plus dans des départements de recherche et de développement hermétiquement cloisonnés, mais en collaboration avec des partenaires externes, comme les hautes écoles, mais aussi des clients, des start-up, des fournisseurs, des partenaires technologiques et beaucoup d’autres acteurs. L’ouverture du processus d’innovation est motivée par l’augmentation de la pression concurrentielle, la mondialisation et les cycles de vie plus courts des produits. Le développement de nouveaux produits découlant de la numérisation explique également cette ouverture.

Plus vite, moins cher, plus innovant

L’Open Innovation joue donc aussi un rôle important dans la gestion des innovations de la Poste. «Lorsqu’on innove ensemble, on est plus rapide, moins cher et meilleur», explique Thierry Golliard, responsable d’Open Innovation & Venturing chez E.

La Poste suit cette approche depuis une bonne vingtaine d’années. Dès 1995, elle a financé des chaires dans des hautes écoles et des universités suisses. Avec la création de la chaire de gestion d’industries de réseau, première chaire financée à l’EPF de Lausanne, la Poste a fait figure de précurseur en 2002.

Thierry Golliard voit trois grands avantages dans la collaboration avec des hautes écoles: «D'abord, nous profitons d’un savoir immense créé par nos partenaires académiques dans les champs thématiques qui sont essentiels pour notre développement. Ensuite, la collaboration avec les hautes écoles profite au recrutement du personnel: la Poste peut se positionner en tant qu’employeur attrayant dans des nouvelles disciplines où il est difficile d’engager de nouveaux talents. Et pour finir, les partenariats nous aident à renforcer notre image d’entreprise innovante.» Par ailleurs, des projets de recherche peuvent être initiés, des experts peuvent être sollicités pour des conseils et des conférences et les locaux peuvent être utilisés sur les différents campus. La science profite de l’accès direct à la pratique et à l’infrastructure de la Poste. «Les données réelles représentent notre plus grand avantage. Elles permettent de vérifier des théories scientifiques et de développer de nouvelles applications», affirme Thierry Golliard.

Un lien important

Comme la Poste propose de plus en plus de prestations en ligne et au format numérique en raison des besoins changeants de la clientèle, elle travaille depuis 2012 avec Edy Portmann, actuellement professeur boursier de la Poste à l’Institut d’informatique de gestion de l’Université de Berne. Il est également spécialisé dans l’interaction de l’homme et de la machine et a initié au cours des dernières années un grand nombre de projets concrets en collaboration avec la Poste.

Comme la protection des données, la sécurité et la fiabilité des systèmes informatiques revêtent une importance croissante avec la numérisation, la Poste a décidé fin 2016 d’entretenir un partenariat de recherche à long terme avec le Zurich Information Security and Privacy Center (ZISC) de l’EPF de Zurich.

Les trois partenariats sont entretenus par l’équipe Open Innovation chez E. «Nous disposons d’une fonction charnière importante et nous nous considérons comme des traducteurs entre le monde académique et celui de l’économie», explique Thierry Golliard.